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  • 20 novembre. Rentrant d'une excursion à Zarzis, il nous paraît utile de signaler les impressions de notre voyage, en ce qui concerne les intérêts de notre région. La route d'Houmt-Souk à El-Kantara, autrefois impraticable aux voitures, est empierrée sur une bonne partie, et le restant, déblayé du sable qui empêchait la circulation, est parfaitement carrossable. Nous nous félicitons de cette amélioration, dont l'importance est capitale pour faciliter l'extension des relations du continent avec notre ile. Nous attendons maintenant la réfection de la chaussée romaine qui reliait autrefois El-Kantara au continent, trait d'union indispensable que la domination romaine n'avait pas craint d'installer à grands frais. Des siècles n'en ont pas ébranlé la base, et sa mise en viabilité ne demanderait pas des sommes très importantes. L'attention du gouvernement devrait se porter sur ce point essentiel où un trafic très important et fort difficile s'effectue journellement. En effet, quoique l'embarquement et le débarquement des passagers et des animaux se fassent assez facilement de notre côté, il n'en est pas de même du côté du continent, où ces opérations se trouvent très compliquées et surtout très désagréables, par suite de l'absence d'un petit quai ou appontement permettant aux barques d'accoster. Il est certain que si l'Etat avait abandonné ses droits à une entreprise privée, il y aurait longtemps que nous serions dotés de cette facilité de communications et que la chaussée romaine serait en état de viabilité. Malheureusement, les demandes dans ce but ont été rejetées. Les magnifiques terrains avoisinant sur le continent la route d'Et-Kantara à Zarzis sont actuellement presque entièrement ensemencés en céréales, et si de bonnes pluies viennent apporter un peu de fécondité, la récolte sera très rémunératrice. Il y a là, et surtout aux environs de Chemakh, des exploitations agricoles qui devraient attirer l'attention de quelques colons. Le terrain y est très productif, l'eau douce se trouve à cinq ou six mètres de profondeur, et la main-d'œuvre est facile et à bon marché. De plus, les débouchés sont très voisins Zarzis et Djerba. Les mines importantes de Chemakh ne laissent aucun doute sur l'exploitation agricole de ce territoire qui a dû être très fertile et qui ne demande qu'à être travaillé pour reprendre sa splendeur passée.

  • Djerba, 9 h. m. Hier soir, une barque chargée d'épongés, venant d'Ajim et allant à Houmt-Souk, s'est brisée sur les rochers près de Ras-Turgeness. Les trois marins qui la montaient ont pu gagner la terre à la nage.

  • Burnous volé. Hassen ben Hadj Ahmed, Tunisien, 23 ans, tailleur d'habits, demeurant rue Ras-Edderb, inculpé de vol d'un burnous au préjudice du sieur Saïd ben Trika Djerba, Tunisien, domicilié, rue Souk-el-Hout, 32, a été écroué à la maison d'arrêt.

  • 3 janvier 1897. Hier matin, un chien, qui offrait tous les symptômes de la rage, parcourant les rues de Houmt-Souk, a été abattu par les soins de notre vigilante police. Toutes les mesures nécessaires ont été aussitôt prises pour éviter la contagion et une surveillance active est exercée sur les chiens qui pourraient avoir été mordus. C'est avec peine que nous voyons partir M. Porte, notre sympathique receveur municipal, appelé à Kairouan. Depuis qu'il était parmi nous, M. Porte avait su s'attirer l'estime et l'amitié de tous, par l'aménité de son caractère et sa complaisance. Les voeux de ses nombreux et sincères amis l'accompagnent dans sa nouvelle résidence.

Last update: 4/28/26, 8:04 AM (UTC)