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Dans cette étude sur l'organisation de l'espace et le peuplement de l'île au Moyen Âge, l'auteur nous invite à un véritable voyage sur l'île, dont la diversité des paysages et des ambiances échappe le plus souvent à ceux qui n'ont pas eu l'occasion de la découvrir pleinement. C'est un voyage géographique, mais également un voyage temporel qui permet de comprendre comment et pourquoi les populations berbères se sont déplacées dans cet espace pourtant modeste. Moncef Barbou montre bien, après avoir décortiqué les transformations de l'organisation administrative, du réseau routier et de la population, comment évolue l'occupation du territoire à partir de l'époque byzantine : les villes antiques situées sur la côte ont laissé place au fameux habitat dispersé si caractéristique de l'île. Pour chacun des lieux anciens qu'il a étudiés, quantité de renseignements sont fournis, notamment sur les monuments les plus significatifs. Mais ce sont sans doute les analyses onomastiques qui paraissent ici les plus passionnantes : telle une enquête policière, on suit l'apparition, l'évolution et parfois la mort de tous ces noms qui ont fait l'histoire de Djerba, et dont les origines, patiemment retracées lorsque la documentation le permet, sont si diverses. (Livre en arabe) (éditeur)
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Quel commentaire faire ? Comment se fait-il qu'un lieu de cette importance historique, restauré en grande partie, soit ainsi laissé à l'abandon , sans protection d'aucune sorte, même pas une porte dissuasive ?Signes de profanation: Une mosquée abandonnée sur le plan du culte; elle devient une sorte de "décharge" publique: ordures abandonnées par les "campeurs", traces de braseros nocturnes et, sur les murs, des dessins au charbon de bois, d'une grossièreté et d'une obscénité peu communes. En allant d'Houmt-Souk vers Ajim, juste à la sortie d'El Groô à gauche, une nouvelle route goudronnée mène à Oued Z'Bib. On est accueilli au premier virage, au bout d'une centaine de mètres de piste, par une petite mosquée, d'une beauté rarissime, d'une blancheur aveuglante, la mosquée El Jadria. Un peu plus loin, à l'angle de la vieille huilerie, une piste bien cahotique, semée de pierrailles, nous mène à la mosquée Ouelhi. Un haut lieu de l'histoire et de la culture ibadhites. Située sur la colline la plus haute du coin, d'où on voit nettement la cuvette d'El Khénannsa, verte d'herbe cet hiver, un observatoire idéal pour voir la mer et ceux qui accostent de ce côté de l'île. Un lieu stratégique sans équivoque. Les documents en possession de l'Association de Sauvegarde de Djerba, indiquent que le monument fut érigé au 13° siècle, du temps du Cheïkh Yaïch Ben Moussa et sous l'autorité de Mohamed Ben Ahmed Essédghyani. Un lieu d'études théologiques et d'érudition, au moment même où l'île devait faire face aux coups de force des envahisseurs dirigés par De Noria pour le compte des rois de Sicile. Trois bâtisses rapprochées entourant un espace central. La mosquée elle-même, surélevée par rapport à la salle des prières extérieure, les dépendances avec une salle d'ablutions. Des restes d'immenses impluviums nécessaires pour récupérer chaque goutte de pluie pour avoir des réserves d'eau suffisantes encas de siège. Les souterrains encore là, démontrent la nature défensive du bâtiment, confirmée par l'absence totale d'ouvertures sur l'extérieur, une constante dans toutes les mosquées ibadhites. De la même façon, aucun minaret ne vient indiquer l'existence d'un lieu de culte. En regardant vers lamer, une autre mosquée, un peu plus visible de loin, plus haute aussi, comme une tour de guet, Sidi Aïch. Citée plutôt comme étant la mosquée de Oued Z'Bib, La mosquée Ouelhi a évidemment subi les blessures de l'histoire, conséquences de toutes les luttes pour la conquête de Djerba, site considéré, par toutes les puissances maritimes, comme stratégique pour le contrôle de la Méditerranée sud. Les différentes voûtes des salles de prière extérieures portent encore aujourd'hui sur le plâtre des enduits, malgré l'usure du temps et les multiples détériorations, des inscriptions, une calligraphique en relief indiquant qu'au 16° siècle, une importante restauration, ou extension, eut lieu. On peut y lire très clairement, après les remerciements à Dieu et une bénédiction au Prophète, les noms des artisans Ahmed Ben Yahia, surnommé « ElJazzar », et les frères Saïd et Salem Ben Abderrahman El Kallel. Depuis, son histoire tombe dans l'oubli et l'anonymat, elle devient juste un lieu de culte comme tous les autres, à la disposition des habitants de Oued Z'Bib. Dans son action de recensement des monuments du patrimoine culturel et historique, L'ASSIDJE se rend compte de l'état d'abandon et de décrépitude dans lesquels se trouve l'ensemble du site. En 1999, une restauration est entreprise grâce au concours de l'Institut National du Patrimoine. L'essentiel du bâti est sauvé, les enduits en partie refaits, les toitures et les voûtes consolidées, les citernes, « les majels », désensablés, les environs nettoyés, le petit muret d'enceinte, limite du territoire, remis en état. Mais par l'insuffisance des subventions allouées, le peu de moyens matériels et humains mis à disposition, l'action de restauration s'est arrêtée là, en attendant des jours meilleurs. Les « trois satans »!!!Depuis cette date, la mosquée étant inactive au niveau du culte, l'Association ne rate pas une occasion pour organiser des visites à l'intention des élèves ,des étudiants, des chercheurs tunisiens et étrangers, pour faire connaître des lieux si importants et hors circuits touristiques classiques. Et lentement, les premiers signes de profanation se firent jour : ordures de toutes sortes abandonnées dans les recoins par des « campeurs » occasionnels, traces de braseros nocturnes, utilisation des locaux couverts comme bergerie par des pâtres de passage ou par le voisinage indélicat. Pire, des dessins, au charbon de bois, représentant des scènes d'une grossièreté peu commune, accompagnées de commentaires d'une obscénité indescriptible couvrent encore, à ce jour, les murs des dépendances, de la midha, le lieu réservé aux ablutions. Ces profanateurs n'hésitent pas à signer ces représentations horribles : « les trois satans », ainsi s'auto-surnomment-ils !!! Inutile de parler des cadavres de cannettes de bière, dans quelques recoins. Plus encore l'Association de Sauvegarde a appris que les colonnes de pierres taillées qui soutiennent les voûtes des bâtiments extérieurs ont été descellées et volées. Oui, volées !!! Vu leurs poids et leurs tailles, ce ne peut être qu'une action commando, étudiée, préparée et organisée, avec outils, matériels et moyens de transport adéquats. Juste pour « casser » ?? Non, il faut tomber de la dernière pluie pour ne pas voir derrière cet acte, une« commande » :maintenant qu'il est à la mode d'avoir, dans les maisons , des « antiquités »,des « vieilles pierres », il serait étonnant qu'on vienne, de nuit, avec les risques encourus, voler ces pierres, juste pour le plaisir de démolir une mosquée, si ce n'est pour les vendre à bon prix. Ainsi, après la razzia faite sur les bijoux traditionnels en argent, sur les vieux coffres, sur les tapis, sur les bakhnougs, maintenant ce sont les vielles portes, les ferronneries, les grilles en fer forgé à l'ancienne, les vieux carrelages des demeures en ruines ou vouées à la démolition, les colonnes, les pierres, les arcs de voûtes, qui sont « récupérés » des menzels abandonnés, et proposés à la vente, parce qu'il y a acheteur !!! Tous ceux qui croient qu'il est de bon ton «d'intégrer » une vieille pierre dans la structure moderne de leurs luxueuses villas sont preneurs. Acheter même dans l'ignorance de la provenance de ces objets est du recel et sanctionné par la loi. Il suffit de prendre la route de Guellala pour voir sur les hauteurs, fleurir d'affreuses constructions, en forme de cercles, faites de ces pierres et colonnes «récupérées » des anciens fours détruits ou abandonnés : un vrai décor de carton-pâte pour touriste ordinaire. Comment laisser faire ce saccage au nom de l'activité économique ? Le vol des pierres de soutien de la mosquée Ouelhi s'inscrit dans cette nouvelle donne: vendre ce qu'on peut vendre. Même le patrimoine ou ce qui en reste ?A qui le tour ?Evidemment l'ASSIDJE a informé les autorités locales et régionales de ces saccages, de ces vols, de ces déprédations, de ces profanations. L'Institut National du Patrimoine et l'Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de la Promotion Culturelle ont été mis au courant. Tout cela fait suite à la série de profanations de quelques mosquées de Djerba, il y a quelques temps.. Encouragés par la non réaction devant tous les actes de vandalisme répertoriés, recherche de trésor à Ghar Mejmej, au cimetière BouN'Khil à Oualegh, Sidi Yati, Faahmine, à Ouelhi même au vu des fouilles sauvages faites dans la salle souterraine, des vols déjà effectués ailleurs, ces bandes, parce que cela ne peut-être le fait d'un individu isolé, iront plus loin et s'attaqueront à d'autres parties de notre patrimoine. Où est le respect du sacré ? Comment protester contre d'odieuses caricatures publiées dans ce journal danois lorsque des crimes de cette nature sont commis dans nos propres mosquées ? Que d'aussi horribles faits soient commis dans ces enceintes disent long sur la vision que certains ont de notre identité. Que dire, quelles explications donner à tous ces visiteurs qui découvrent ces horreurs sur les murs de ces lieux faits pour la prière, le recueillement ?Quel commentaire faire ? Comment se fait-il qu'un lieu de cette importance historique, restauré en grande partie, soit ainsi laissé à l'abandon , sans protection d'aucune sorte, même pas une porte dissuasive ? Il n'est pas des prérogatives de l'Association d'assumer le gardiennage des lieux qu'elle essaie de sauver de l'oubli ou de la ruine. Il appartient à tous, associations, citoyens, autorités tous services confondus, de veiller à ce patrimoine, chacun selon ses compétences. Faire prendre conscience de cet état de fait est d'une urgence absolue. Les habitants des lieux d'abord, qui doivent être les premiers à se soucier de la protection de ce qui est leurs racines. L'école ensuite, dont le rôle n'est pas de se contenter de quelques sermons , mais surtout d'organiser, de façon régulière, des visites à tous ces lieux délabrés, vandalisés, visites commentées par des spécialistes de la chose. Les médias enfin, et surtout la télévision qui doit sensibiliser et dénoncer ces faits par des émissions hebdomadaires, montrer ces profanations, ces vols. Il faudrait également qu'elle soit relayée, de façon quotidienne, par les journaux qui consacreraient une rubrique quotidienne, ouverte à tous, réservée à l'information sur les atteintes au patrimoine dans tout le pays. Bien sûr on ne va pas mettre un policier derrière chaque vieille pierre, mais on peut augmenter quelques budgets de restauration, desserrer un peu plus les cordons de certaines bourses pour re-ventiler les priorités. Il ne suffit pas de "reconstruire" des murs, et de remettre de l'enduit. Restaurer, c'est aussi redonner vie à des monuments, à des sites, c'est les intégrer dans la vie culturelle. Il est temps de jeter un regard sur ces lieux d'une valeur historique inestimable, situés en retrait des grands axes de circulation. On sait que d'autres pans de ce patrimoine, aussi importants que la mosquée Ouelhi, subissent, aujourd'hui, encore, les mêmes outrages. A bon entendeur, salut..
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Les saccageurs ont ciblé le minuscule minaret de forme conique : 0,50 mètre de diamètre et 1,25 mètre de hauteur. La mosquée a été bâtie au XVIème siècle. Et ce n'est pas la première fois que les mosquées de Djerba sont saccagées… - La liste noire des monuments défigurés continue à défrayer la chronique à Djerba ; les saccageurs et les profanateurs en quête d'on ne sait quel trésor illusoire enfoui ; voraces et ignares, ils rôdent toujours dans les parages et persévèrent dans leur nuisance au patrimoine. Dans la nuit du mercredi 29 décembre, la petite mosquée côtière de Sidi Jmour, à l'ouest de l'île de Djerba, a été à son tour le théâtre d'un acte odieux de vandalisme et de profanation, constaté par un citoyen habitué des lieux lors de son passage dans le coin peu fréquenté en pareille période de l'année, et qui n'a pas attendu longtemps pour le signaler à qui de droit, en l'occurrence, au représentant de l'Institut National du Patrimoine (INP) et à l'Assidje (Association pour la Sauvegarde de l'Île de Djerba). En se rendant sur les lieux, le représentant de l'INP et le cadre permanent de l'Assidje se sont assurés de la véracité des faits rapportés en prenant acte des dégâts visibles : les malfaiteurs, motivés par on ne sait quelle inspiration satanique, ont porté leur choix sur le minuscule et embryonnaire minaret, une simple souche de forme conique de 0,50 mètre de diamètre et de 1,25 mètre (de hauteur, aménagée à l'angle droit de l'édifice. Sidi Jmour, selon les sources de l'Assidje, date du XVIè siècle ap.JC et appartient à la catégorie des mosquées littorales ibadhites (Jouamaa Ecchott), dites aussi mosquées forteresses en raison du rôle militaire qui lui était assigné dans la surveillance des côtes contre le danger des incursions étrangères auxquelles était confrontée incessamment l'île. En l'espace de quelques minutes, les profanateurs ont saccagé plus de la moitié de ce que des mains de maîtres avaient construit pour servir et durer ; leurs mains maudites guidées par un esprit satanique malveillant n'ont rien fait d'autre que de manquer de respect à la mémoire des ancêtres, nuire à la beauté, priver le regard admiratif d'un élément emblématique de l'édifice religieux d'une rare harmonie, traduisant le souci du Djerbien d'obéir aux principes séculaires de l'économie des moyens déployés, de la simplicité des techniques de construction et de la modestie de l'expression de ses formes, de façon à faire adapter son lieu de culte au contexte de son île. Macabre palmarès Cet acte ignoble n'est que pour enrichir le macabre palmarès de cette bande d'écervelés ; en effet, en l'espace de quelques années, plusieurs monuments, toujours des lieux de culte, frappés par la bêtise humaine ont fait l'objet d'actes similaires perpétrés par de pareils malfrats qui agissent selon les mêmes techniques opératoires : creuser profondément à des endroits précis, le plus souvent à l'intérieur de la salle de prières, sous l'une des colonnes, dans le mihrab, ou même dans une tombe existante supposée être généralement celle du fondateur du lieu, signalée parfois par un catafalque, qu'ils n'hésitent pas à renverser et à déplacer pour fouiller l'excavation de fond en comble (tel fut le cas en 2008 des mosquées Sidi Daoued et Mrabet Belgacem à Mezraya, et Jamaa El Hara à Ouersighen. En 2006, la mosquée pluriséculaire de Ouelhi à Jâabira a été délestée de ses vieilles pierres et de ses arcs de voûtes descellés et volés, et en 2009 encore, la mosquée El Bassi a perdu son cadran solaire vieux de 250 ans destiné à régler le moment des cinq prières quotidiennes. A la recherche d'un « trésor » Depuis quelques années, Djerba est devenue une cible privilégiée de cette horde de profanateurs sans scrupules, saccageant dangereusement des composantes phares du patrimoine îlien bâti, à la recherche d'un soi-disant trésor ou de matière première destinée à ces pseudo guérisseurs, ces voyants, ou ces sorciers charlatans qui trouvent bizarrement métier et profession. La recrudescence de tels actes de vandalisme préjudiciables découle certes de l'état d'impunité prévalant, qui ne peut qu'inciter les fauteurs à aller de l'avant et à persévérer. Un tel fléau, s'il n'est pas combattu à temps avec célérité et efficacité, s'il n'est pas éradiqué à la source, risque de prendre des proportions alarmantes, compromettant l'action de restauration et de sauvegarde entreprise inlassablement par l'Assidje avec le concours de l'INP, et embarquant plusieurs âmes fragiles vers un destin douteux, peu rassurant.
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