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  • Ce travail de fin d’études pour l’obtention du Master est consacré à l’analyse d’un commentaire coranique peu connu, en l’occurrence, celui de Hūd b. Muḥakkam al-Hawwārī (m. v. 280/893), un exégète ibadite du IXe siècle. En effet, les études consacrées à la tradition exégétique ibadite se comptent sur les doigts d’une main d’où notre intérêt pour le sujet. L’objectif était de voir dans quelle mesure le commentaire de Hūd constitue le témoin d’une tradition exégétique proprement ibadite. A l’issue d’une analyse comparative avec un commentaire qui lui est antérieur à savoir le tafsīr de Yaḥyā b. Sallām (m. 200/815), un exégète de Baṣra qui a vécu à Kairouan à la fin de sa vie où il a diffusé son savoir religieux et notamment son commentaire coranique, qui a été utilisé ultérieurement par Hūd b. Muḥakkam, comme source principale pour réaliser un tafs īr abrégé compatible avec sa doctrine ibadite. Tel est le résultat que nous avons établi par une étude comparative intertextuelle entre les deux commentaires. De la même manière, la comparaison avec l’exégèse sunnite de Ṭabarī (m. 310/923), elle ne laisse aucun doute que l’abrégé de Hūd s’inscrit entièrement dans le cadre de la doctrine ibadite. Après avoir confirmé l’hypothèse formulée par l’éditeur du commentaire coranique à savoir que Hūd b. Muḥakkam s’est basé sur le tafsīr d’Ibn Sallām pour réaliser son commentaire exégétique, ce mémoire a permis également de déterminer la méthode exégétique de l’auteur ibadite qui a été basée essentiellement sur la séléction dans le commentaire source d’Ibn Sallām, des traditions jugées compatibles avec les fondements de son école ibadite et le rajout de quelques adaptations afin de rendre son commentaire conforme aux attentes de sa communauté.

  • Des trois branches de l’islam, on connaît généralement le sunnisme et le chiisme. La troisième, le kharijisme, constitue une catégorie beaucoup plus difficile à cerner, mais son image dans les sources majoritaires est celle de la dissidence, voire de la déviance, politique et religieuse. Les Kharijites sont très présents dans la littérature arabe pour incarner un anti-modèle, celui du chaos politique, de la révolte permanente, de l’excès de zèle religieux et dévotionnel. A tel point que leurs leaders, qui défièrent à plusieurs reprises l’Empire omeyyade, puis abbasside, sont dépeints tantôt comme des rebelles insaisissables, tantôt comme des desperados, des bandits de grand chemin ou des fous de Dieu. Nous analyserons et déconstruirons tout d’abord cet imaginaire de la dissidence, qui participe à la construction de cet islam hégémonique que devint le sunnisme au cours des premiers siècles. Occasion pour nous de revisiter quelques récits qui structurent la narration historique en islam : le règne d’Uthmân, calife de la discorde, la bataille de Siffîn, matrice symbolique des trois branches que se reconnaît l’islam, le meurtre d’Ali, qui met en jeu la question du meurtre politique… Les Kharijites ont constitué une nébuleuse dont nous tenterons aussi de cerner les caractéristiques, de comprendre le programme politique et religieux. Mais pour cela, il faudra tenter de passer de l’autre côté du miroir en essayant d’identifier les textes et les témoignages qui documentent ce courant au plus juste. Nous nous appuierons pour cela sur la production écrite des Ibadites, leurs lointains héritiers idéologiques.

Last update: 4/28/26, 8:04 AM (UTC)