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L’Association pour la sauvegarde de l’île de Djerba (Assidje), sous la supervision de l’Institut national du patrimoine (INP), a achevé une vaste campagne de nettoyage sur le site archéologique Henchir Bourgou. Les interventions ont porté notamment sur l’évacuation des gravats et des déchets de matériaux de construction, ainsi que sur la sécurisation du lieu grâce à l’installation d’un talus de terre agrémenté de figuiers de barbarie, typiques du paysage djerbien.Ces travaux ont permis de redonner au site une nouvelle allure, tout en le protégeant d’éventuelles atteintes à son intégrité patrimoniale, dans une démarche globale de préservation et de valorisation. Situé au nord de la route reliant Houmt Souk à Midoun, ce site, classé monument historique depuis 2022, abrite un mausolée dont la construction remonte à la première moitié du IIème siècle avant J.-C. Il constitue l’un des témoignages archéologiques les plus remarquables de l’architecture funéraire numide et punique de la période hellénistique. Selon les données recueillies par l’Assidje, ce mausolée aurait appartenu à un fortuné notable, allié du célèbre souverain numide Massinissa.A travers cette initiative, l’Association pour la sauvegarde de l’Ile de Djerba poursuit sa démarche visant à inscrire Henchir Bourgou dans un processus durable de valorisation. Une seconde étape est déjà envisagée, afin d’intégrer le site au parcours touristique et culturel de l’île, pour renforcer davantage son rayonnement patrimonial. Il est à noter que, dans le cadre de ses activités scientifiques, l’Institut national du patrimoine a mené en juin et juillet 2023 une fouille au cœur de l’ancienne agglomération antique de Henchir Bourgou. Cette campagne a révélé les vestiges d’une vaste demeure construite à l’époque augustéenne, remaniée durant la période flavienne, puis abandonnée à la fin du IIème siècle ou au début du IIIème siècle après J.-C. Ces découvertes confirment l’importance historique et archéologique de cette cité antique à Djerba. Ses sols en opus signinum de tradition punique témoignent à la fois de la richesse du propriétaire de cette demeure et de la persistance de la culture héritée de Carthage en pleine époque romaine, selon des informations publiées par l’INP.
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"Une prospection pédestre menée sur l’île de Djerba a révélé une occupation humaine remontant à la Préhistoire. Les traces mises en évidence comprennent du matériel lithique limité, provenant de cinq stations. Cette rareté pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment l’utilisation de matériaux périssables pour la fabrication d’outils, ou encore l’abondance de mollusques, qui auraient pu constituer une ressource utilitaire privilégiée pour les communautés humaines de l’époque. En comparaison, les découvertes lithiques réalisées sur l’île de Kerkennah sont significativement plus abondantes, suggérant des différences dans les modalités d’occupation. Sur Djerba, la faible densité de matériel semble indiquer des occupations saisonnières, probablement influencées par des conditions environnementales spécifiques, telles que des difficultés d’accès ou des contraintes climatiques. Les données archéologiques recueillies sur Djerba permettent toutefois de situer ces occupations préhistoriques entre le Paléolithique moyen et l’Épipaléolithique. Une comparaison avec la presqu’île de Zarzis met en lumière des différences notables. Contrairement à Djerba, Zarzis présente une densité importante de sites archéologiques, répartis autour des sebkhas et le long des côtes sableuses. Ces découvertes témoignent d’installations plus permanentes, probablement rendues possibles par des conditions environnementales plus favorables, telles qu’une diversité accrue de ressources naturelles. Cette disparité entre les deux régions reflète les contrastes marqués entre un milieu insulaire, propice à des occupations temporaires et opportunistes, et un milieu continental, offrant des conditions plus stables et propices à l’établissement de communautés humaines sur le long terme."