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  • The geoarchaeological investigation around the Bisya and Salut Archaeological Park disclosed the complexity of local archaeological landscape dating to the last millennia of the Holocene and the main steps in developing sophisticated systems for land exploitation. Recent fieldwork focused on the importance of rock art in the region, which needs to be systematically surveyed and documented. Rock art sites feature various representations dating from the second millennium BCE onwards and the research carried out in 2022 aimed to assess its archaeological potential, as well as identify any threats to its preservation. The investigation confirms that local rock art is a valuable asset for Oman’s archaeology and potential tourism. It suggests the development of geo-cultural tourism routes that combine archaeological sites and rock art with the natural landscapes. Nonetheless, the preservation of rock art and the issues threatening it need careful consideration and assessment for future planning.

  • تُركز هذه الدراسة على رصد طبيعة وأنماط الملابس في ليبيا خلال القرون الألبسة في طرابلس وبرقة وفزان خلال القرون 5-11م/1-5هـ، وهو موضوع أهتم من خلاله بتوثيق التطور التاريخي لمراحل وأشكال الملابس المحلية، كالعباءات الرجالية والأردية النسائية والسراويل والطاقيات والصنادل. ومن الجيد رصد نوعية الملابس التي ارتداها سكان البلاد الليبية، إذ يُساعد هذا المنهج التسلسلي على تحديد التحولات التي طرأت على الملابس الليبية مع مرور الزمن. وتسعى الدراسة البحثية إلى التحقق من ماهية قطع الملابس المعنية بناءً على شهادات المصادر النصية أو الأدلة الأثرية، مع التمييز ما بين الملابس المنتجة محلياً وتلك المتأثرة منها بالثقافات الخارجية. خصوصاً وأن الملابس الطرابلسية الفاخرة بدأت بعد الإسلام تكتسب شهرة، وبعضها يأتي من جبل نفوسه، كما برزت منسوجات برقة الصوفية عالية الجودة، المنسوجة من صوف سلالة الخِراف البرقاوية الممتازة. This study focuses on documenting the nature and patterns of clothing in Libya between the 5th and 11th centuries CE (5th century AH). The research aims to trace the historical development of local garments, such as men’s cloaks, women’s robes, trousers, caps, and sandals. Examining the types of clothing worn by Libyans during this period is valuable, as this sequential approach helps identify transformations in Libyan attire over time. The study seeks to determine the characteristics of these garments based on textual sources and archaeological evidence, distinguishing between locally produced clothing and those influenced by external cultures. Notably, luxurious Tripolitanian garments gained prominence after the advent of Islam, some of which originated in the Nafusa Mountains. Additionally, high-quality woolen textiles from Barqa, woven from the fine wool of Barqawi sheep, became widely recognized.

  • This panel brings together scholars and specialists to explore an Arabic and Berber (Amazigh) manuscript tradition, with a focus on codicology and cataloguing. It examines how these texts were created, circulated, and preserved, offering a glimpse into the morphological and paleographical strategies that allow us to learn about northwest Africa’s literary heritage. The panelists will collectively consider how we define the fields of Arabic and Amazigh manuscript studies through an interdisciplinary approach, challenging traditional binaries and exploring how Arab and Berber communities engaged with shared material practices over the centuries. Through this discussion, the panel aspires to generate new frameworks for understanding the historical and cultural significance and legacy of these sources.

  • Le présent travail de recherche se veut être une étude critique du « patrimoine culturel tunisien » en contexte « post-printemps arabe ». L’objectif est d’enrichir les connaissances sur le domaine de la conservation et de la gestion du patrimoine en Tunisie. C’est afin de mieux comprendre le contexte actuel dans ce domaine que la réflexion s’oriente autour de l’articulation des pouvoirs nationaux (institutions étatiques) et d’une nouvelle « société civile postrévolutionnaire » — notamment à travers les associations dites « de sauvegarde du patrimoine » — comme nouveaux enjeux des pays en transitions et mutations politiques et économiques. Cette étude anthropologique s’est déroulée de 2014 à 2020. Elle s’est concentrée sur le suivi du processus d’inscription de l’île de Djerba en Tunisie sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco, afin d’amener à comprendre les enjeux de gouvernance territoriale en contexte « postrévolutionnaire ». Les enquêtes réalisées entre Tunis la capitale et l’île de Djerba au sud du pays, se sont intéressée aux relations entretenues entre les institutions d’État responsables du dossier et l’Association de Sauvegarde de l’Île de Djerba (Assidje), partenaire de l’État tunisien sur ce projet. Cela a permis d’étudier un « patrimoine culturel » en train de se « fabriquer » et d’en saisir les enjeux de gouvernance territoriale qui y sont liés. The research area of this work is the critical heritage study of “Tunisian cultural heritage” in the “post-Arab Spring” context. The objective is to contribute to the knowledge of the field of conservation and management of cultural heritage in Tunisia. To better understand the current context in this field, the study focuses on the articulation of national powers (state institutions) and a new “post-revolutionary civil society” - in particular through the so-called “heritage preservation associations” - as new challenges for countries undergoing political and economic transitions and changes. This anthropology study took place from 2014 to 2020. It focused on the monitoring of the process of inscription of Djerba island in Tunisia on the Unesco World Heritage List, to understand the issues of territorial governance in a “post-revolutionary” context. The investigations carried out between the capital Tunis and Djerba island in the south of the country, focused on the relations maintained between the State institutions in charge of the case and the Association for the Safeguarding of Djerba Island (Assidje), a partner of the Tunisian State on this project. This allowed us to analyse a “cultural heritage” in the process of being “made” and to understand the issues of territorial governance that are linked to it. يضع هذا البحث في صلب اهتمامه قراءة نقدية للتراث الثقافي التونسي ما بعد الربيع العربي. يهدف هذا البحث ايضا الى اغناء مجال المعرفة حول المحافظة على التراث الثقافي في تونس وتدبيره. ولهذا الغرض، ارتأينا دراسة مؤسسات الدولة و جمعيات المجتمع المدني التي تعنى بالمحافظة على التراث كمعيار لدولة في وضعية انتقالية ومن اجل انجاح هاته الدراسة، تم الاعتماد على منهجية انتروبولوجية و دراسة ميدانية ما بين 2014 و 2020 هدفها تتبع عملية تسجيل جزيرة جربة في تونس في قائمة التراث العالمي لليونسكو، من أجل فهم تحديات الحكم الإقليمي في سياق "ما بعد الثورة". اهتمت الدراسات الاستقصائية المنجزة بين العاصمة تونس وجزيرة جربة جنوب البلاد بدراسة العلاقة بين مؤسسات الدولة الساهرة على الملف وجمعية المحافظة على جزيرة جربة، شريك الدولة التونسية في هذا الملف. هذا يسمح لنا بدراسة التراث الثقافي في عملية "صنعه" وفهم التحديات ذات الصلة بالحكامة المحلية

  • "Le patrimoine culturel de la région de Jerba et de Zarzis, est d'une richesse exceptionnelle, à la fois en termes d'architecture, d'artisanat, et de traditions vivantes. Cependant, une grande partie de cette histoire est restée méconnue ou sous-documentée, souvent à cause de l'absence de sources visuelles systématiques et de l'évolution rapide des paysages et des structures archéologiques au fil du temps. C'est dans ce contexte que les collections photographiques du Musée du Bardo, notamment les négatifs en plaques de verre conservés dans ses archives, jouent un rôle clé. Ces images historiques constituent non seulement un témoignage précieux de l'état du patrimoine tunisien à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, mais aussi une source indispensable pour la compréhension et la préservation de ces sites aujourd'hui. Il s’agit d’un témoignage visuel unique qui capture l'architecture, les monuments et les scènes de la vie quotidienne dans la région de Jerba et Zarzis, avant que la modernisation ne modifie profondément ces espaces. En effet, ces images offrent une vue directe sur des éléments patrimoniaux aujourd'hui disparus ou altérés. En présentant ces photographies, cette étude permettra de mettre en lumière des aspects du patrimoine matériel et immatériel de cette régions, notamment les vestiges de la période antique à travers les fouilles, des artefacts comme la mosaïque, la sculpture ainsi que les mosquées et les pratiques artisanales spécifiques à ces lieux. Par ailleurs, ce travail de recherche propose une réflexion sur l’importance de la numérisation et de la gestion des archives photographiques dans la sauvegarde du patrimoine. Elle ouvre aussi la voie à de nouvelles recherches interdisciplinaires, combinant archéologie, histoire, et études visuelles, afin d'approfondir notre compréhension du patrimoine de Jerba et de Zarzis. Enfin, elle souligne la nécessité de rendre ces ressources accessibles à un large public, qu'il s'agisse de chercheurs, de touristes ou des habitants de cette régions eux-mêmes."

  • "Plusieurs, sont les hommes d’origine djerbienne, qui ont marqué, la scène nationale, mais ceux qui ont animé les devants de la scène internationale, sont rares. Parmi ces rares hommes on cite feu Béchir Ben Yahmed, qui pendant plus de soixante années a pu animer la presse internationale et tisser des « réseaux invisibles » d’influence politique sur tout le continent africain et dans le Monde arabe. Né en 1928 à Djerba, Béchir Ben Yahmed aurait dû être épicier, comme son père, mais grâce à ses qualités multiples : une intelligence exceptionnelle, son ouverture, son réalisme et sa vocation pour le savoir et surtout son art d’écouter l’autre … etc., il a pu acquérir une place dans la cour des Grands. En effet, il a été un acteur majeur de l’indépendance tunisienne, le confident et le bras droit de Habib Bourguiba lors des négociations sur l’autonomie interne à Paris (de 1954 à 1955) puis sur l’indépendance totale en 1956, puis son jeune ministre de l’Information (à 28 ans). Il aurait pu ne faire que de la politique et viser haut, mais sa conviction que la liberté de la presse soit le véhicule de la liberté d’opinion et par-delà de la liberté de penser, l’a poussé à démissionner du gouvernement tunisien pour lancer son propre journal ’’Afrique Action’’ à Tunis (le 17 octobre 1960) et ‘‘Jeune Afrique’’ à Rome (le 21 novembre 1961 puis à Paris à partir de 1965), où dans ses articles parricides, il fulminait contre le gouvernement personnel de Bourguiba et son parti unique au pouvoir, le Néo- Destour. BBY entendait, bien que présent à la cour, il n’était pas là pour courtiser, ni pour faire de la figuration. L’important pour lui est de participer, mais il est tout aussi essentiel de prendre part à « l’action » et de ne pas taire ses pensées. Patron de presse à Paris avec son magazine ‘‘Jeune Afrique’’ destiné pour tout un continent à peine sorti des nuits coloniales, il savait que cela a un prix, soit l’ambition pour un si noble dessein de vie, ou bien la soumission totale aux régimes mis en place en Afrique et dans les pays arabes au lendemain des indépendances nationales. À travers ses mémoires posthumes intitulés « J’assume », ses éditoriaux, ses entretiens durant près de soixante années de presse avec les leaders et les chefs d’états africains et asiatiques : Habib Bourguiba, Mohamed Masmoudi, Ben Ali, Mohamed V, Hassen II, Léopold Sédar Senghor, Abdou Dhouif, Ahmed Ben Balla, Haouari Bou Mediane, Abdelaziz Boutaflika, Ahmed Ben Salah, Ho Chi Minh, Laurent Gbagbo … etc., ainsi que les témoignages de ceux qui l’ont côtoyés et collaboré avec lui : Abdelaziz Dahmani, Ridha Kéfi, Souhir Belhassen, François Soudan, Paul Balta…, nous envisagerons retracer le parcours de ce « militant » politique et précurseur de l’information dans tout le Tiers Monde. Par la suite, nous essayons de répondre à une question pertinente qui ne cesse de se poser : comment ce journaliste Djerbien a pu transformer le siège de son magazine ‘‘Jeune Afrique’’ (sis à 57 bis, rue d’Auteuil 75016 Paris) en « un réseau d’influence politique », non seulement en Tunisie, mais aussi dans les pays arabes et le Monde afro- asiatique francophone et établir des relations étroites avec leurs rois et chefs d’états, ainsi qu’avec leurs opposants et contribuer parfois à faire tomber certains régimes? De même pour les chefs d’états français : Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand et surtout Jacques Chirac…, avec lesquels il a eu des entretiens et des relations amicales. Enfin, à travers une analyse profonde des éditoriaux de ce pionnier de la presse libre : « Ce que je crois », nous tentons de saisir ses points de vue sur les principales questions d’ordre national, maghrébin, africain et arabo- musulman, notamment sur la cause palestinienne et voir à tel point ses écrits étaient réalistes et bien fondés. Dans ce sens et dans un de ses articles intitulé ‘‘ L’impossible Etat palestinien ’’ (l’éditorial de Jeune Afrique du 24 octobre 2014), BBY avait écrit à l’encre vive : « … Il faudra bien, à un moment, procéder à cette reconnaissance », mais en connaissance des rouages politiques en Occident, il était persuadé que la reconnaissance de l’Etat palestinien était « impossible !»."

  • Les récits historiques de la conquête arabe de l'Afrique du Nord décrivent l'île de Djerba comme ayant été conquise par Ruwayfiʿ b. Thābit al-Anṣārī à la fin des années 40/660. Cependant, les références à la présence arabe à Djerba dans les années et les décennies qui ont suivi cette conquête sont rares. Le commerce maritime et les opérations de razzia sont devenus de plus en plus importants pour la domination arabe en Ifrīqiya, de même que le rôle des îles méditerranéennes proches de la province, mais Jerba semble presque sans rapport avec ces opérations. Et bien qu'au IIIe/IXe siècle, l'île apparaisse comme un centre de présence musulmane, les musulmans dans ce cas n'étaient pas des descendants des conquérants arabes, mais des Nukkārī Ibāḍīs, qui étaient associés à l'opposition à la domination impériale. Cet article passe en revue les preuves littéraires et archéologiques de la présence arabe à Djerba au début de la période islamique, et les met en relation avec l'importance de l'île pour la domination impériale arabe en Ifrīqiya. Étant donné l'ambiguïté des sources, est-il réaliste de parler d'une conquête arabe de Djerba au 1er/7e siècle ?

  • Pendant des siècles, depuis l’arrivée de l’Islam dans l’Afrique du Nord, la langue berbère a été le moyen principal pour l’étude et la diffusion des fondements de la religion parmi la population, quand la plupart des individus étaient illettrés et ne connaissaient pas la langue arabe, notamment dans sa variété « classique ». Au fil du temps, la prévalence de la langue arabe au Maghreb et la diffusion de l’instruction ont modifié la situation, et la plupart des textes religieux anciens sont désormais transmis en traduction, et les nouveaux sont composés en langue arabe. Toutefois, jusqu’à très récemment, une tradition littéraire orale en langue berbère, réservée aux illettrés, a demeuré vivante jusqu’à très récemment et a été partiellement sauvée de l’oubli. Dans cette communication, on va présenter le rôle de Djerba dans la diffusion et le maintien de ces traditions, prenant en considération deux ouvrages : le Kitāb al-Barbariyya, un long ouvrage de jurisprudence ibadite remontant au Moyen-Âge et le poème religieux Tmazixt, composé oralement par un savant jerbien au début du 19ème siècle et gardé dans la mémoire et dans quelques notes écrites des contemporains.

  • Les régions de Gerba, du Mzab et du Djebel Nefoussa, toutes liées à la tradition ibadite, présentent des convergences marquées sur les plans historique, religieux et littéraire. Ces communautés, issues d’une migration pour échapper aux persécutions, ont partagé une organisation sociale centrée sur les valeurs de justice, d’égalité et de consultation (shura). Leur patrimoine religieux se reflète dans l’architecture simple et fonctionnelle des mosquées, ainsi que dans une riche production manuscrite portant sur la théologie et le droit islamique. Par ailleurs, ces zones ont entretenu des échanges économiques et culturels dynamiques, favorisant la préservation et la diffusion de l'identité ibadite. Cet article explore les mécanismes qui ont permis à ces régions de maintenir une cohésion spirituelle et culturelle au fil des siècles.

  • La présente communication se veut une étude des principales spécificités du siège épiscopal de Girba en problématisant les questions suivantes. D’abord, les facteurs de l’éclosion et de l’importance de ce siège qui soit le premier évêché de la Proconsulaire méridionale, avec celui de Capsa, présents dans les Sententiae episcoporum du concile de saint Cyprien de l’an 256 ap. J.-C. Ensuite, les évêques catholiques, maximianistes et donatistes de cet évêché mentionnés par les sources ecclésiastiques entre 256 et 523. Puis, nous examinons le rôle et les activités missionnaires du siège en question au sein de la province ecclésiastique de la Tripolitaine. Dans ce cadre, on se propose de revenir sur le concile de Iunca, réuni en 523, lorsque le primat de la Byzacène Liberatus envoya des légats à Boniface de Carthage. Ils demandèrent que l’évêque de Girba fût averti d’avoir à renoncer à ses empiétements sur le diocèse de Tamalluma. À partir de cet évènement, l’accent sera mis sur le champ d’action du diocèse de Girba. Partant, nous évoquons les efforts d’évangélisation menés par les évêques Girbitains dans les agglomérations avoisinantes où se formèrent les sièges de Carcabianensis plebs, Putae Pallene et Hr. Goraat Ez-zid. Enfin, nous focalisons sur l’imprécision des limites ecclésiastiques entre la Byzacène et la Tripolitaine et sur la problématique de l’appartenance du diocèse de Girba à la Tripolitaine ecclésiastique. Elle n’est pas certaine si l’on croit le récit de Victor de Vita qui ne considère pas Urbanus de Girba, exilé sous les ordres de Genséric, parmi les évêques de Tripolitaine.

  • "Après une très longue période où le corpus des sources littéraires arabes sur la Djerba musulmane précoce était restés quasiment inchangés, l’édition du « Petit Idrisi » – Uns al-muhaǧ wa-rawḍ al-furaǧ (« La convivialité des cœurs et les jardins de la réjouissance ») – par Jean-Charles Ducène (2010) permet de nombreuses clarifications et n’a pas encore été pleinement utilisée. D’autant plus que les cartes qui accompagnent ses manuscrits du XVIIe siècle aident à réinterpréter les cartographies connus plus anciens. La conférence vise à réinterroger ces deux types de sources en vue des problématiques suivantes : (1) les communications de l’île le long de la côte par terre et maritime, (2) les relations sahariennes caravanières et (3) son organisation politico-religieuse ou, le plus souvent, son intégration dans des structures politiques plus larges. Dans toutes ces questions, l’intérêt se porte sur la place changeante de Djerba dans la vie économique régionale, et plus particulièrement sur son importance pour le commerce à longue distance. L’enquête s’étend des géographes de l’époque dite classique jusqu’à al-Idrīsī, Yāqūt et al-Ḥimyarī (fl. 1326-7). De plus, en tenant compte de l’attention relative que les auteurs accordent aux villes commerciales environnantes, notamment Gabès, Tripoli et Ghadamès, la pauvreté des informations sur Djerba elle-même devrait également pouvoir être évaluée en tant que témoignage implicite."

  • "Ras al-Jabal, agglomération du nord-est tunisien, comptait au milieu du XIXème la communauté Djerbienne la plus importante, du point de vue nombre, de tout le nord tunisien (mis à part le Cap Bon). L’étude portera sur cette « communauté Djerbienne » «الجرابة جماعة», et traitera la problématique annoncée au niveau du titre « Djerbi… de Ras al Jabal » : avec cette dualité de deux identités, de deux contextes géographiques, qui a priori font des « Djeraba » une communauté distincte, mais paradoxalement cette affiliation à l’île de Djerba est dissimulée voire disparait en faveur d’une autre ; celle de la localité adoptive Ras al Jabal «أهل بلد رأس الجبل من ». Une première partie sera consacrée à retracer l’historique de la présence des Djeraba à Ras al Jabal, à l’étude de la composition de la communauté, à son poids démographique, à son « Cheick » ainsi qu’aux santons vénérées par certaines familles Djerbiennes. Une deuxième partie sera consacrée à tous les éléments qui soulignent l’intégration des Djeraba dans la terre adoptive Ras al Jabal. Une intégration sociale et culturelle/cultuelle. Une intégration dans le tissu économique. Une implication notable dans la gestion des affaires administratives et fiscales locales. Concernant le cadre chronologique ; l’étude couvre la période allant du XVIIIème, avec les premiers témoignages de la présence Djerbienne à Ras al Jabal, jusqu’au milieu du XXème."

  • "Une prospection pédestre menée sur l’île de Djerba a révélé une occupation humaine remontant à la Préhistoire. Les traces mises en évidence comprennent du matériel lithique limité, provenant de cinq stations. Cette rareté pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment l’utilisation de matériaux périssables pour la fabrication d’outils, ou encore l’abondance de mollusques, qui auraient pu constituer une ressource utilitaire privilégiée pour les communautés humaines de l’époque. En comparaison, les découvertes lithiques réalisées sur l’île de Kerkennah sont significativement plus abondantes, suggérant des différences dans les modalités d’occupation. Sur Djerba, la faible densité de matériel semble indiquer des occupations saisonnières, probablement influencées par des conditions environnementales spécifiques, telles que des difficultés d’accès ou des contraintes climatiques. Les données archéologiques recueillies sur Djerba permettent toutefois de situer ces occupations préhistoriques entre le Paléolithique moyen et l’Épipaléolithique. Une comparaison avec la presqu’île de Zarzis met en lumière des différences notables. Contrairement à Djerba, Zarzis présente une densité importante de sites archéologiques, répartis autour des sebkhas et le long des côtes sableuses. Ces découvertes témoignent d’installations plus permanentes, probablement rendues possibles par des conditions environnementales plus favorables, telles qu’une diversité accrue de ressources naturelles. Cette disparité entre les deux régions reflète les contrastes marqués entre un milieu insulaire, propice à des occupations temporaires et opportunistes, et un milieu continental, offrant des conditions plus stables et propices à l’établissement de communautés humaines sur le long terme."

  • Par sa position insulaire Djerba avait, à toutes les époques, une vocation autonomiste vis-à-vis des pouvoirs continentaux, mais, en contrepartie, elle n’a cessé d’être convoitée par les envahisseurs et corsaires de tout bord qui l’attaquaient par mer. Cette situation s’est aggravée durant les XIVème et XVème siècles à la suite de l’occupation de l’île par les siciliens depuis 1289 (Roger Doria occupe Djerba et les îles Kerkennah). Ces îles seront placées sous la suzeraineté pontificale, lorsque Boniface VIII accorde les îles en fief héréditaire à Roger Doria (Traité du 11 août 1295). Depuis, et pour les deux siècles qui suivent, Djerba sera le théâtre d’une dizaine de batailles, soit pour repousser des incursions, soit pour tenter de se libérer du joug des chrétiens. Pour réécrire, l’histoire de Djerba à cette époque, nous ne pouvons pas nous appuyer uniquement sur nos sources arabes qui, sans exception, se limitent à décrire une ou deux batailles où le sultan hafside était le principal acteur, même les dates citées à l’occasion manquent de précision. Ainsi, on est dans l’obligation d’utiliser les sources latines de l’époque : traités de paix, bulles pontificales, échanges épistolaires, ainsi que quelques chroniques dont la principale est la Chronique de Ramon Muntaner. Dans cette communication nous allons soulever plusieurs problèmes telle que la « réalité » de la présence chrétienne sur l’île et sa durée ? Les rapports entre Djerba et la Sicile/la couronne d’Aragon/la papauté ? Quand est-ce que la présence chrétienne a définitivement disparu (1496 ? selon une source latine).

  • L'historiographie consacrée à l'île de Djerba a tendance à insister sur les caractères locaux de l'identité insulaire, sur les aspects liés à la diversité confessionnelle et théologique, ou sur les rapports entre l'île et son hinterland en matière tant de commerce que d'organisation des pouvoirs. Cette communication se propose d'explorer une dimension potentiellement complémentaire de celles-ci, autour de la thématique de l'appartenance à l'ensemble ottoman et de la manière avec laquelle non seulement Djerba s'insère dans ce cadre, mais également avec laquelle l'étude des spécificités djerbiennes permet d'interpréter la nature même de l'ottomanité. L'accent est mis dans ce travail sur la dimension archivistique, autour notamment des fonds stambouliotes, ainsi que sur la communication entre l'île et d'autres espaces impériaux et insulaires ottomans, notamment dans la mer Égée.

  • Le présent travail va tenter d’explorer un document issu d’un ouvrage réservé à l’île de Djerba et écrit par un natif de l’île, en l’occurrence Muḥammad Abū Rās al-Ǧarbī, auteur d’al-Muʾnis al-ʾaḥibba fī aẖbār Ǧarba, sur le christianisme de l’île au moment de la conquête arabe. D'une part, je proposerai une contextualisation du passage et d'autre part, je le traduirai afin d'en examiner la contribution à l'Antiquité tardive de l'île, mais aussi d'interroger l'usage d'une catégorie de sources arabes très tardives, soit concernant l'histoire locale, soit l'histoire générale de la région.

  • "Par son emplacement stratégique situé à l’extrémité méridionale du golfe de Gabès et assurant le rôle d’un carrefour entre les deux bassins de la mer Méditerranée, l’île de Ğirba/Djerba était pendant longtemps un espace de conflit entre des puissances étrangères et locales. Cette période mouvementée a livré des vestiges divers datant entre la fin du XIIe et le XVIIe siècle qui demeurent mal connus, malgré les quelques recherches qui lui ont été consacrées. C’est à cette époque de conflits opposant d’un côté les Ottomans aux Espagnols de l’autre que remonte une collection de céramiques, objet de ce papier, issue des fouilles archéologiques menées au borj Ghazi Mustapha. D’origines géographiques diverses (italienne, turque, majolique…), les céramiques de Djerba reflètent deux faits : d’abord une culture matérielle très ouverte sur la Méditerranée, ensuite, un rôle majeur qu’a joué l’île en tant que centre de réception et de rediffusion des marchandises vers la Grande Syrte et Alexandrie."

  • "En 1388, le pape Urbain VI apporte son soutien à une coalition occidentale dirigée par le Sicilien Manfred Chiaramonte pour organiser une expédition afin de conquérir l’île de Djerba avec l’aide des Génois et des Pisans, les Vénitiens s’étant retirés au dernier moment. Il concède à l’expédition le privilège de croisade. L’occupation de l’île ne dure que quelques mois, sans grand bénéfice pour la coalition qui espérait mettre un terme à la course encouragée par le sultan hafside Abû-l-‘Abbâs. Au contraire, cette expédition ne fait qu’envenimer les relations diplomatiques et commerciales en Méditerranée occidentale et renforcer le pouvoir du sultan hafside aussi bien sur le front intérieur qu’extérieur. Malgré cet épisode, les échanges diplomatiques reprennent vers 1390, comme le montre une riche documentation (traités de paix, correspondance diplomatique, rapports d’ambassades), mais à des degrés divers reflétant la position du sultan hafside qui oscille entre fermeté vis-à-vis des Pisans, pragmatisme à l’encontre des Génois et bienveillance à l’égard des Vénitiens."

Dernière mise à jour : 05/05/2026 00:29 (UTC)

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