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  • Les Ibadites de Djerba sont les héritiers de la pensée ibadite d’Orient que se sont réappropriés les shaykh-s al-‘ilm (hommes de sciences) locaux. Ceux-ci ont inventé les ‘azzāba qui eurent à charge l’organisation sociopolitique de l’île, de ses habitants de l’intérieur et de la diaspora. La société ibadite était organisée selon des relations sociales verticales et horizontales. Cet ordre social est devenu la trame de la vie communautaire. Il a été tissé à partir de la fondation pieuse, al- masjīd, des valeurs, des règles et des lois qui la régissaient et qui a fait son territoire. Le lien social, en vigueur à l’intérieur de l’île, a été adapté en situation diasporique. Dans ce cas, la pensée ibadite a été instrumentalisée pour faciliter la création du marché de l’emploi, de ses conditions juridiques, sociales, culturelles... Elle a permis, de surcroît, d’instaurer des mécanismes d’entraide par le biais des institutions communautaires. Grâce à leur affiliation, les Ibadites sont parvenus à accumuler des richesses, même si leur rigorisme religieux leur a valu d’être qualifiés de « puritains » de l’islam. À partir de la fin du XVIIe siècle, l’influence du malikisme voisin et des ghurabā’ (étrangers, outsiders), qui était alliés du makhzen (pouvoir central) et dont le nombre n’avait cessé de croître, touche la communauté ibadite et notamment les notables locaux et les institutions qu’ils monopolisaient. Désormais, la société ibadite insulaire ne sera jamais plus la même.

  • Ce livre est l'aboutissement d'une longue recherche engagée depuis le début des années 1990. Notre but était de comprendre la pérennité de la communauté juive de Djerba et d'expliquer la force de ses traditions. Jusqu'au XVIIIe siècle, l'île a connu un modèle de société bien particulier incarné par les ‘azzaba, un pouvoir ibadite puissant, dominant tout à la fois la population locale et la diaspora. Les Juifs occupaient une place importante dans cette organisation : des siècles durant, ils ont partagé une belle entente avec les Berbères ibadites, à tel point que l'on a parlé de « symbiose judéo-ibadite ». La situation a ensuite évolué, à cause notamment de la présence croissante sur l'île des malékites et des Arabes. L'environnement est devenu progressivement plus hostile vis-à-vis des Juifs, l'État se montrant toujours plus envahissant. Les Juifs se sont alors trouvés dans l'obligation d'adapter systématiquement leur stratégie identitaire pour se protéger contre les nouveaux dangers qui les menaçaient. L'invention du pèlerinage de la Ghriba a fait partie intégrante de cette nouvelle politique. Par le prisme de la communauté juive, ce livre retrace l'histoire de l'île du Moyen Âge à nos jours. Le lecteur y découvrira la complicité entre les deux groupes religieux ibadite et juif, l'évolution des agglomérations de Hara Kbira, Hara Sghira et Houmt Souk, les mystères de la Ghriba et tant d'autres choses qui éclairent d'un œil neuf la riche histoire de Djerba

  • L’ article vise à passer en revue et à comprendre la culture ibadite de la population de Djerba dans le domaine de la production des actes de <em>waqf</em> à l’ époque moderne. À l’ origine, les résidents de Djerba utilisaient des contrats de <em>waqf</em> oraux et coutumiers conclus au nom de la « congrégation des fidèles de la mosquée » et sous le titre du <em>waqf</em> général. Leurs contrats de <em>waqf</em> ont évolué dans de nombreuses et différentes directions. La majorité de ces contrats sont devenus écrits en raison de l’ influence du voisinage malékite dont la présence sur l’ île remonte à l’ époque hafside. Certains de ces contrats sont cependant restés coutumiers, et ils sont devenus des <em>waqf</em>s publics associés aux zaouïas, comme ce fut le cas avec les malékites. D’ autres ont été transférés de la coutume et de l’ oral à des documents écrits à caractère officiel agréé par le pouvoir judiciaire malékite. Les ibadites ont eu recours à produire des actes de <em>waqf</em> conformes aux valeurs de la science du témoin et à la jurisprudence malékite. La diaspora ibadite djerbienne, dont la relation sociale est régie par ses institutions du pouvoir local (<em>niẓām al-ʿazzāba</em>), a produit des actes qui respectent les valeurs de l’ école de jurisprudence malékite.

Last update: 4/28/26, 8:04 AM (UTC)