Votre recherche

Dans les auteurs ou contributeurs
  • Ce mausolée est minuscule, peu connu et n’a été restauré que depuis quelques années. Pourtant, il témoigne d’un épisode historique de première importance. En février 1560, les soldats de la flotte espagnole s’étaient en effet emparés du borj Ghazi Mustapha après un assaut qui avait surpris la garnison qui se trouvait sur place. Les Espagnols qui en ce temps croisaient le fer avec les Turcs pour la domination de la Méditerranée avaient ainsi marqué un point dans une période des plus troublées. Se réorganisant rapidement, faisant appel à des renforts, les Ottomans allaient vite reprendre le fort disputé. Les escarmouches dureront de mai à juillet et s’achèveront par la libration du fort principal de Djerba. Une modeste plaque et un mausolée regroupant quelques tombes rappellent cet épisode de notre histoire et les clameurs des vaisseaux de guerre en Méditerranée. C’est aussi la mémoire de Khereddine, Barberousse et Dragut qui est évoquée par ce mausolée, l’un des rares qui témoignent des luttes entre Ottomans et Espagnols pour le contrôle des côtes tunisiennes.

  • Dans l’île de Djerba, le bleu du ciel et de la mer se confond avec la blancheur des mosquées. Repassées à la chaux, bucoliques car souvent celées au plus profond des campagnes, ces mosquées sont en effet repassées à la chaux et surgissent au détour d’un chemin, entre les sillons d’un champ et les reflets d’un coucher de soleil. Similaires dans leur architecture rustique aux « menzels », ces manoirs djerbiens, les mosquées sont partout! Qu’elles ressemblent à des forteresses ou qu’elles veillent sur le large, elles témoignent d’une architecture sobre et surprennent par cette blancheur éclatante. L’une de ces mosquées singulières se trouve non loin de Mezraya, entre Midoun et Houmt Souk. C’est de la mosquée Sellaouati qu’il s’agit dont la construction remonterait au seizième siècle lorsque le clan des Sellaouates s’installa dans cette région fertile. Une légende de fondation entoure la naissance de cette mosquée. On raconte ainsi qu’après avoir creusé un puits, les Sellaouates décidèrent d’établir leur lieu de culte. Ils allaient commencer à bâtir l’édifice lorsqu’ils constatèrent la présence d’une colonne de marbre qui affleurait du sol. Ils reçurent comme un signe divin l’existence de cette colonne et décidèrent d’établir leur mosquée en y incorporant ce vestige d’une autre époque. Le sanctuaire fut alors construit avec simplicité et l’édifice achevé, on s’engagea à y prier le lendemain. C’est ainsi qu’à l’aube, les membres de la communauté se retrouvèrent devant leur mosquée. Toutefois, mystérieusement, la porte en était close. Malgré l’absence de serrures et de loquets, la porte refusait de s’ouvrir. Ne sachant comment s’y prendre, ils retournèrent la question dans tous les sens. Mais rien n’y fit. Ils se résolurent alors à demander conseil à une femme vénérable reconnue de tous pour sa sagesse. Elle leur indiqua qu’il fallait qu’ils s’acquittent de leur devoir de charité pour que la porte s’ouvre devant eux. Aussitôt dit, aussitôt fait! Du pain fut enfourné et distribué aux indigents alentour. Un dernier pain fut gardé par le cheikh qui l’émietta devant la mosquée. C’est alors que la porte consentit à s’ouvrir enfin… Depuis, cette mosquée massive au minaret carré continue à recevoir les fidèles et, parfois, de simples curieux allés à la quête de ce sanctuaire immaculé qui se cache derrière les oliviers et cèle en lui une tradition de plusieurs siècles…

Dernière mise à jour : 05/05/2026 23:00 (UTC)