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  • Depuis septembre 2023, l’île de Djerba figure sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ce projet d’inscription a émergé dans un contexte politique marqué par une transition démocratique, à la suite de la révolution de 2011. Deux acteurs principaux ont pris part à cette initiative : l’État, qui a vu dans le projet d’inscription l’occasion de poursuivre ses objectifs de développement culturel et économique, et l’Association de sauvegarde de l’île de Djerba, soucieuse de préserver le patrimoine pluriculturel et millénaire de l’île, menacé par la spéculation foncière et l’urbanisation croissante liées à l’économie touristique locale. Bien que les deux parties poursuivent un objectif commun, leurs motivations sont contradictoires. Cette présentation s’intéressera à la manière dont un projet commun, nourri de motivations opposées, transforme la promotion de l’île comme « patrimoine mondial » en un outil à la fois de valorisation patrimoniale et touristique. L’objectif est de mettre en lumière la polysémie du concept de « patrimoine culturel djerbien » tel qu’il est interprété par les différents acteurs interrogés, afin de comprendre les enjeux politiques, économiques, territoriaux, identitaires et sociaux sous-jacents.

  • Depuis septembre 2023, l’île de Djerba est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le dossier a mis en avant Djerba comme terre de tolérance ayant permis la cohabitation de minorités religieuses du Livre depuis deux millénaires : juifs, musulmans et chrétiens. Inclus dans le périmètre du classement international, se trouvent les édifices religieux de ces minorités – synagogues, moquées, mais également les deux seules églises encore debout, témoignages de l’histoire migratoire de l’île : l’église catholique maltaise et l’église orthodoxe grecque. Le label « patrimoine mondial » a déclenché auprès des fidèles ou sympathisants de ces communautés religieuses un regain de la valeur patrimoniale de ces lieux de cultes – qui faisaient partie du paysage depuis des décennies, sans reconnaissance patrimoniale par les locaux –, ne les considérant plus uniquement en tant que tels, mais comme étant en effet représentatifs du patrimoine djerbien. Lors de la mise en place de la candidature de l’île sur la liste du patrimoine mondial, ont pu être observées des stratégies d’appropriation du discours patrimonial dominant pour le transférer sur ces deux édifices religieux, afin de leur attribuer une nouvelle notoriété en dehors de la communauté des fidèles. Cette présentation propose de présenter ce processus de reconnaissance patrimonial.

Last update: 4/28/26, 8:04 AM (UTC)