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Cette communication se centrera sur les formations politiques ibadites de la péninsule Arabique (Oman et Hadramawt). Nous observerons sur le temps long ce que J. Wilkinson a appelé les cycles de l’imamat, en nous intéressant aux imamats médiévaux mais en évoquant également la période contemporaine. Sa formation, ses chutes, ses restaurations furent autant de moments de cohésion et de déliquescence de la communauté qui témoignent des périodes de vitalité de l’ibadisme dans la région. Cela nous permettra de montrer que l’imamat devint rapidement l’incarnation de cet islam pragmatique, à même de composer avec les tribus, de mobiliser des forces face aux armées abbassides ou britanniques, mais également en mesure de s’insérer dans les réseaux économiques et religieux ; une flexibilité garante de la résilience de cette communauté religieuse dans cette zone marginale de l’Arabie.
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Désormais éditées, les sources du droit ibadite omanais forment un corpus encore trop méconnu à travers lequel s’esquisse un projet d’administration de la société dont l’imamat est le centre de gravité. En nous appuyant sur les épîtres à notre disposition et les compendia de fiqh, nous proposerons un panorama de cette normativité alternative. Notre présentation tracera le bourgeonnement de ces sources en connectant le développement de ce projet éthico-politique avec l’évolution historique de la communauté ibāḍite omanaise
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Ce séminaire s’insère dans le projet « Faire société : modèles normatifs et hétéronomie dans les islams minoritaires », soutenu par l’Institut français ’islamologie et porté par une équipeinternationale. Combinant les méthodes et les sources de l’islamologie avec une approche d’histoire socio-politique, le séminaire s’intéresse aux islams chiites et ibadite. Trop souvent tenus pour périphériques, ils éclairent pourtant aussi, par leurs lectures alternatives des traditions, les modalités même de la constitution du sunnisme. L’enquête de cette année explore les formes de coexistence et de contact de ces minorités avec l’islam majoritaire (qu’il soit sunnite, le plus souvent, ou chiite dans le cas de l’Empire fatimide). Nous examinerons l’attitude et la politique du pouvoir à l’égard de ces minorités, et les évolutions structurelles des communautés concernées par cette cohabitation. Nous nous intéresserons aussi aux accommodements proposés par les élites religieuses (les oulémas) sous la forme d’une théorie de la dissimulation tactique (appelée kitmān ou taqiyya), et d’un droit qui en accompagne la pratique. Enfin, nous réfléchirons aux convergences et aux interactions doctrinales et juridiques avec l’orthodoxie dominante.
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Ce séminaire s’insère dans le projet « Faire société : modèles normatifs et hétéronomie dans les islams minoritaires », soutenu par l’Institut français ’islamologie et porté par une équipeinternationale. Combinant les méthodes et les sources de l’islamologie avec une approche d’histoire socio-politique, le séminaire s’intéresse aux islams chiites et ibadite. Trop souvent tenus pour périphériques, ils éclairent pourtant aussi, par leurs lectures alternatives des traditions, les modalités même de la constitution du sunnisme. L’enquête de cette année explore les formes de coexistence et de contact de ces minorités avec l’islam majoritaire (qu’il soit sunnite, le plus souvent, ou chiite dans le cas de l’Empire fatimide). Nous examinerons l’attitude et la politique du pouvoir à l’égard de ces minorités, et les évolutions structurelles des communautés concernées par cette cohabitation. Nous nous intéresserons aussi aux accommodements proposés par les élites religieuses (les oulémas) sous la forme d’une théorie de la dissimulation tactique (appelée kitmān ou taqiyya), et d’un droit qui en accompagne la pratique. Enfin, nous réfléchirons aux convergences et aux interactions doctrinales et juridiques avec l’orthodoxie dominante.
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Des trois branches de l’islam, on connaît généralement le sunnisme et le chiisme. La troisième, le kharijisme, constitue une catégorie beaucoup plus difficile à cerner, mais son image dans les sources majoritaires est celle de la dissidence, voire de la déviance, politique et religieuse. Les Kharijites sont très présents dans la littérature arabe pour incarner un anti-modèle, celui du chaos politique, de la révolte permanente, de l’excès de zèle religieux et dévotionnel. A tel point que leurs leaders, qui défièrent à plusieurs reprises l’Empire omeyyade, puis abbasside, sont dépeints tantôt comme des rebelles insaisissables, tantôt comme des desperados, des bandits de grand chemin ou des fous de Dieu. Nous analyserons et déconstruirons tout d’abord cet imaginaire de la dissidence, qui participe à la construction de cet islam hégémonique que devint le sunnisme au cours des premiers siècles. Occasion pour nous de revisiter quelques récits qui structurent la narration historique en islam : le règne d’Uthmân, calife de la discorde, la bataille de Siffîn, matrice symbolique des trois branches que se reconnaît l’islam, le meurtre d’Ali, qui met en jeu la question du meurtre politique… Les Kharijites ont constitué une nébuleuse dont nous tenterons aussi de cerner les caractéristiques, de comprendre le programme politique et religieux. Mais pour cela, il faudra tenter de passer de l’autre côté du miroir en essayant d’identifier les textes et les témoignages qui documentent ce courant au plus juste. Nous nous appuierons pour cela sur la production écrite des Ibadites, leurs lointains héritiers idéologiques.