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  • Les soulèvements qui, vers le milieu du viiie siècle, détachèrent une part importante du Maghreb de la tutelle orientale, représentèrent un défi significatif pour le jeune Empire abbasside. Que s’était-il passé ? Dans leur tentative d’explication de la situation en Occident, la plupart des sources mirent en avant l’opposition entre les conquérants et les « Berbères » autochtones, dépeints comme un peuple non civilisé, insoumis et rallié au courant des rebelles « Khārijites ». Dans les régions où l’ibadisme s’était répandu, une contre-mémoire ne tarda toutefois pas à émerger. Les Ibāḍites inventèrent leur propre récit du passé, en célébrant l’Occident comme un nouveau berceau religieux et les Berbères comme un nouveau peuple élu, dont la conversion à l’islam était vue comme un choix volontaire. Cet article compare le récit le plus courant sur l’Afrique du Nord avec la version ibāḍite tout en essayant d’évaluer comment ces deux faisceaux narratifs interagissaient.

  • Des trois branches de l’islam, on connaît généralement le sunnisme et le chiisme. La troisième, le kharijisme, constitue une catégorie beaucoup plus difficile à cerner, mais son image dans les sources majoritaires est celle de la dissidence, voire de la déviance, politique et religieuse. Les Kharijites sont très présents dans la littérature arabe pour incarner un anti-modèle, celui du chaos politique, de la révolte permanente, de l’excès de zèle religieux et dévotionnel. A tel point que leurs leaders, qui défièrent à plusieurs reprises l’Empire omeyyade, puis abbasside, sont dépeints tantôt comme des rebelles insaisissables, tantôt comme des desperados, des bandits de grand chemin ou des fous de Dieu. Nous analyserons et déconstruirons tout d’abord cet imaginaire de la dissidence, qui participe à la construction de cet islam hégémonique que devint le sunnisme au cours des premiers siècles. Occasion pour nous de revisiter quelques récits qui structurent la narration historique en islam : le règne d’Uthmân, calife de la discorde, la bataille de Siffîn, matrice symbolique des trois branches que se reconnaît l’islam, le meurtre d’Ali, qui met en jeu la question du meurtre politique… Les Kharijites ont constitué une nébuleuse dont nous tenterons aussi de cerner les caractéristiques, de comprendre le programme politique et religieux. Mais pour cela, il faudra tenter de passer de l’autre côté du miroir en essayant d’identifier les textes et les témoignages qui documentent ce courant au plus juste. Nous nous appuierons pour cela sur la production écrite des Ibadites, leurs lointains héritiers idéologiques.

  • Des trois branches de l’islam, on connaît généralement le sunnisme et le chiisme. La troisième, le kharijisme, constitue une catégorie beaucoup plus difficile à cerner, mais son image dans les sources majoritaires est celle de la dissidence, voire de la déviance, politique et religieuse. Les Kharijites sont très présents dans la littérature arabe pour incarner un anti-modèle, celui du chaos politique, de la révolte permanente, de l’excès de zèle religieux et dévotionnel. A tel point que leurs leaders, qui défièrent à plusieurs reprises l’Empire omeyyade, puis abbasside, sont dépeints tantôt comme des rebelles insaisissables, tantôt comme des desperados, des bandits de grand chemin ou des fous de Dieu. Nous analyserons et déconstruirons tout d’abord cet imaginaire de la dissidence, qui participe à la construction de cet islam hégémonique que devint le sunnisme au cours des premiers siècles. Occasion pour nous de revisiter quelques récits qui structurent la narration historique en islam : le règne d’Uthmân, calife de la discorde, la bataille de Siffîn, matrice symbolique des trois branches que se reconnaît l’islam, le meurtre d’Ali, qui met en jeu la question du meurtre politique… Les Kharijites ont constitué une nébuleuse dont nous tenterons aussi de cerner les caractéristiques, de comprendre le programme politique et religieux. Mais pour cela, il faudra tenter de passer de l’autre côté du miroir en essayant d’identifier les textes et les témoignages qui documentent ce courant au plus juste. Nous nous appuierons pour cela sur la production écrite des Ibadites, leurs lointains héritiers idéologiques.

  • Ce séminaire s’insère dans le projet « Faire société : modèles normatifs et hétéronomie dans les islams minoritaires », soutenu par l’Institut français d’islamologie et porté par une équipe internationale. Combinant les méthodes et les sources de l’islamologie avec une approche d’histoire socio-politique, le séminaire s’intéresse aux islams chiites et ibadite. Trop souvent tenus pour périphériques, ils éclairent pourtant aussi, par leurs lectures alternatives des traditions, les modalités même de la constitution du sunnisme. L’enquête de cette année explore la pensée politique et sociale de ces courants à travers les écrits sur la souveraineté et le gouvernement (idéal ou réel). Il déchiffre aussi la documentation disponible sur l’organisation sociale et le rôle des oulémas dans ces mouvements et confronte ces discours avec les institutions effectivement créées.

  • Des trois branches de l’islam, on connaît généralement le sunnisme et le chiisme. La troisième, le kharijisme, constitue une catégorie beaucoup plus difficile à cerner, mais son image dans les sources majoritaires est celle de la dissidence, voire de la déviance, politique et religieuse. Les Kharijites sont très présents dans la littérature arabe pour incarner un anti-modèle, celui du chaos politique, de la révolte permanente, de l’excès de zèle religieux et dévotionnel. A tel point que leurs leaders, qui défièrent à plusieurs reprises l’Empire omeyyade, puis abbasside, sont dépeints tantôt comme des rebelles insaisissables, tantôt comme des desperados, des bandits de grand chemin ou des fous de Dieu. Nous analyserons et déconstruirons tout d’abord cet imaginaire de la dissidence, qui participe à la construction de cet islam hégémonique que devint le sunnisme au cours des premiers siècles. Occasion pour nous de revisiter quelques récits qui structurent la narration historique en islam : le règne d’Uthmân, calife de la discorde, la bataille de Siffîn, matrice symbolique des trois branches que se reconnaît l’islam, le meurtre d’Ali, qui met en jeu la question du meurtre politique… Les Kharijites ont constitué une nébuleuse dont nous tenterons aussi de cerner les caractéristiques, de comprendre le programme politique et religieux. Mais pour cela, il faudra tenter de passer de l’autre côté du miroir en essayant d’identifier les textes et les témoignages qui documentent ce courant au plus juste. Nous nous appuierons pour cela sur la production écrite des Ibadites, leurs lointains héritiers idéologiques.

  • Kharijism sums up all the evils that are attributed to the revolt as a form of breakdown of the legitimate order and of the unity in medieval Islam. The figure of “Kharijite” is associated with a scandalous reputation of sectarian isolationism, violence and fanaticism. This semantic prevails because it stems from the fact that this figure of dissent was transformed into a literary subject matter in the Abassid period. The Kharajite is an ambiguous figure who was alternately a desperado, a highwayman, a fanatic murderer, an individual wreaking havoc, but also an exemplary ascetic, a righter of wrongs, a victim of a power whose abuses and even the tyrannical nature were acknowledged. Kharijism appears as a political threat and outlines the legitimate order, but it also highlights the excesses of domination and the gap that separates men from the blessed time of the origins.,Le kharijisme résume tous les maux que l’on attribue à la révolte comme forme de rupture de l’ordre légitime et de l’unité en Islam médiéval. Au « kharijite » est associée une sulfureuse réputation de repli sectaire, de violence et de fanatisme. La raison d’un tel succès sémantique tient à la transformation de cette figure de la dissidence en matière littéraire dès l’époque abbasside. Figure ambiguë que celle du « kharijite », tour à tour desperado, bandit de grand chemin, assassin fanatisé, semeur de chaos, mais aussi ascète exemplaire, redresseur de torts, victime d’un pouvoir dont on reconnaît, au fond, les abus, voire la nature tyrannique. Épouvantail politique, le kharijisme dessine les contours de l’ordre légitime, mais il souligne aussi les dérives de la domination, et l’écart qui sépare les hommes du temps béni des origines.

Last update: 4/28/26, 8:04 AM (UTC)